lundi 26 septembre 2016

A droite toute


Pendant que les divisions désespèrent le peuple de gauche le spectacle offert par les droites françaises doit nous inquiéter. Les Estivales lepénistes à Fréjus comme la primaire républicaine dessinent en effet un avenir dramatique. Voilà désormais le FN  installé durablement à un très haut niveau électoral avec la quasi-certitude d’être qualifié pour le second tour de la présidentielle et fortement représenté au parlement. Or son université d’été confirme que son projet de société est plus que jamais nationaliste, autoritaire et xénophobe. L’entreprise de dédiabolisation a porté ses fruits : voter pour lui est devenu banal et des personnalités intellectuelles et médiatiques n’hésitent plus à lui apporter caution idéologique, soutien politique et expertise technique. Il est devenu le réceptacle des angoisses identitaires, sécuritaires ou sociales. Face à la peur de l’autre, du déclassement social et d’une mondialisation financière sans visage, l’absence d’une alternative émancipatrice claire concoure au succès d’une idéologie liberticide et ultra conservatrice, semant la haine et la division, prônant le repli et la fermeture. Sous couvert de « patriotisme » Marine Le Pen est même parvenu à donner un vernis social à une démarche qui reste foncièrement inégalitaire. L’histoire a d’ailleurs montré que les populismes tels le nazisme ou le fascisme, se sont réclamés du socialisme pour mieux servir de roue de secours au capitalisme en crise. L’histoire bégaie car ils l’ont toujours fait en opposant les travailleurs et les peuples entre eux, les livrant aux guerres, aux dictatures et aux exploiteurs.

Le danger tient aussi au fait que la lepénisation des esprits a largement gagné les rangs d’une droite que l’on avait pris l’habitude de qualifier de républicaine et qui l’est de moins en moins. La plupart des candidats à la primaire des « Républicains » tentent, comme Donald Trump, de mêler un ultra libéralisme socialement et écologiquement prédateur à un populisme identitaire et obscurantiste. La sortie calculée de Sarkozy sur « nos ancêtres les gaulois » permet même à M. Le Pen d’apparaitre moins extrémiste que lui.  Mais ne nous y trompons pas  Fillon, Lemaire, Copé et même Juppé tiennent sur les immigrés ou sur les réfugiés des propos à peine plus lisses. Mais il y a consensus entre eux pour « dégraisser » le nombre de fonctionnaire, allonger l’âge de départ à la retraite, privatiser les services publics et tout accorder aux patrons du CAC 40 !

Les lepénistes comme cette droite radicalisée tentent d’entrainer notre pays dans une dérive populiste dont, à gauche, on ne mesure pas assez le danger. Soyons clair, le populisme ne peut en aucun cas être de gauche. Il est fondamentalement de droite. Parce qu’il est l’idéologie de ceux qui veulent conduire les peuples dans une servitude volontaire à l’égard d’un pouvoir fort et qu’il prétend parler au nom du peuple tout en lui refusant le droit de se construire lui-même un avenir émancipateur. Tout simplement parce qu’il est au service des puissants.

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire